Gamin
Je reviens du blog de Marail, qui nous fait frissonner avec l’histoire de sa chienne Alaska.
Et me reviens en mémoire une histoire que me racontait mon Papé, et qui m’a toujours fascinée. Et comme aujourd’hui, j’ai joué au Papé avec Prunelle de ses Yeux, ça me conforte dans l’idée que les enfants ont besoin de ces histoires vraies pour grandir et comprendre leur filiation.
Mon Papé a été mobilisé en 1917, sur le front à Verdun. Il était dans la cavalerie. Il est démobilisé en 1918, le jour de l’armistice.
Son cheval est réformé, et comme beaucoup de chevaux, il est revendu.
Deux à trois ans plus tard, mon Papé se promène avec sa fiancée sur les Champs-Elysées, lorsqu’il lui dit : « Regarde bien ». Il siffle légèrement, et le cheval qui remonte de l’autre côté de l’avenue en tirant une carriole se détourne, traverse les Champs-Elysées et se range le long du trottoir, à côté de mon grand-père, qui se met à cajoler son cheval.
Il avait reconnu Gamin, son cheval, et ce dernier l’avait également reconnu, plus de deux ans après avoir été séparés.
J’ai aimé cette histoire, cette fidélité de l’animal envers son maître et du maître envers son animal.