Maman
Demain, Maman a 86 ans. Et comme tous les 5 décembre depuis longtemps, demain, je vais l’appeler pour lui souhaiter un bon anniversaire.
Et j’aurai une pensée pour ma tante, qui était presqu’une deuxième maman, au point que parfois, je les confondais. Oui, je sais, mais j’ai une excuse, non ?

Maman est à gauche, ma tante à droite, juste après ma naissance.
Elles ont passé plus de 70 ans de gémellité fusionnelle. Elles savaient (se doutaient ?) ce qu’il se passait l’un chez l’autre.
Je garde gravé dans ma mémoire l’air perdu de ma mère, lorsqu’elle accompagna sa sœur dans le cimetière, à l’ombre de l’usine de leur père.
Les deux sœurs ont tout vécu ensemble, épousant chacune, le même jour bien sûr, un jeune pasteur alsacien rencontré lors du déplacement en 40 de l’université de Strasbourg à Clermont-Ferrand.
Puis, leur première grossesse la même année, avec un enfant mort-né pour ma mère, ensuite les retrouvailles lorsque mon père s’engagea pour partir en Indochine, la sclérose en plaque de mon oncle que je n’ai connu que paralysé, les 8 grossesses de ma mère…
Ma mère, femme de pasteur, a été la mère de tant de jeunes enfants, d’adolescents ou de jeunes adultes déracinés. Et aujourd’hui, arrière-grand-mère souffrant la perte de deux de ses filles, mais fêtant l’arrivée de sa première arrière-petite-fille.
Une belle tranche de vie qui me met toujours la larme à l’œil, quand je pense à elle. Qui me disait, un jour d’abandon : « Tu vois, mon seul regret, c’est de ne pas avoir pu profiter de chacun de vous comme je l’aurais souhaité ». 6 enfants en 10 ans, il a fallu partager l’amour donné. Mais je n’ai pas souvenir de ne jamais avoir manqué d’amour…

Alors, pour tes 86 ans, Maman, je voulais juste te dire que je t’aime, et que je sais que me manqueras, lorsque tu ne seras plus là, ta bonté, ta gentillesse, ta tendresse, ton absence de jugement, ton affection de chaque instant.
Oui, j’ai vécu une enfance et une adolescence heureuse, grâce à toi. Et ça, ça m’a aidé à grandir, c’est sûr.
Merci pour tout cela.