Que cherche-t-on ?
Je m’entretenais il y a quelques semaines avec Mr Boulard, qui me disait avoir été témoin, lors d’un concert réunissant Bumcello et quelques guest, en particulier Ibrahim Maalouf, de traits musicaux assez exceptionnels.
Il parla à cette occasion de duo de solos, et devant ma mine perplexe, se reprit vivement pour évoquer un solo à deux. J’en restai définitivement perplexe.
En tout premier lieu, pour éviter que vous quittiez cet article trop rapidement pour vous plonger dans un google quelconque, je précise d’emblée que Bumcello est un groupe musical constitué par les musiciens de - M -, dont le Bum (dédicace à ma très chère Madame Des Bois), est encore appelé percussion ou batterie, et Cello, le violoncelle, instrument très sensuel cher à mon coeur. Quand à Ibrahim Maalouf, il est, comme son nom ne l’indique pas, un trompettiste sud-africain explorant les courants musicaux de la world music au jazz.
Il s’est donc trouvé, (mon propos n’est pas de faire du prosélytisme pour cette musique et ces musiciens, j'y reviendrai à un autre moment) que les deux expressions employées par Mr Boulard m’ont interpellé.
Et je les ai transposées dans mon univers personnel, en écho à quelques réflexions entendues lors d’une fin de soirée passée en très agréable compagnie, laquelle se reconnaîtra.
Qu’est ce qu’un couple, ou comment définir l’amour dont on est en quête ? Est-ce un solo à deux ou un duo de solos ? Car vois-tu, la question peut se poser effectivement.
Mes délicieuses compagnes s’épanchaient en toute liberté mais avec beaucoup de finesse et de sincérité sur leur vie, leur vision de l’amour et du couple, confortant l’idée qu’à partir d’une certaine maturité et ayant connu quelques blessures dans leur vie, elles envisageaient sans aucun doute désormais un duo de solo plus qu’un solo à deux.
Puis, se tournant vers moi pour me demander mon avis, elles me trouvèrent bien silencieux.
Le Philémon est un garçon qui ne se livre pas comme ça, ça se saurait ! Je m’en tirai donc d’une pirouette ou d'un silence, mais le questionnement me parut pertinent, et l’idée fit son chemin. Préféré-je un duo de solo, ou un solo à deux ?
Alors les filles, parce que je pense que j’ai été goujat de ne pas répondre à votre question, je dirais que je suis toujours assez (trop ?) romantique (ne riez pas, sinon je vous dénonce !) pour espérer retrouver une complicité telle avec une femme que vivre un quotidien puisse ne pas être une contrainte, mais un plaisir et un vrai bonheur. Mais à vous entendre, il va bien me falloir admettre que le duo de solo risque bien d’être mon futur.
« Je passais par hasard / Je passais pour vous voir / Pour retrouver un peu / De ces amitiés rares / Qui fondent les espoirs / D'un "c'est possible à deux" »
Juste un aparté qui m’a été soufflé dans l’oreille par Yves Jamait (promis, je fais prochainement un article sur lui), pour nous donner à penser que la communion, la complicité, la tendresse et l’amour profond doivent un peu exister, pourtant, non ?
Donc, si les femmes ne croient plus à l’amour - le plus beau - le plus cru - le plus fort - qui fait qu’on lâche tout pour le vivre, comment allons-nous faire ?
Alors mon cher Yves, je te laisse une nouvelle fois la parole :
« Quitte-moi, quittons-nous juste un peu trop longtemps / Pour que nous ressentions le bonheur d'être tristes / Loin des yeux loin du corps pour que l'envie résiste / Que je te dise viens et pour que tu me rêves / De l'aube qui se couche à la nuit qui se lève / Quitte-moi, quittons-nous un peu trop longtemps. »
C’est peut-être ça que nous cherchons, ce besoin d’être ensemble et de se sentir libre, libre de vivre une vie que nous ne vivrons pas, parce que nous aurions alors le bonheur d’être tristes. Moi, je veux pourtant bien que tu me rêves…