J'y étais également

Publié le par Philémon

En bon coucou que je fus, je rapatrie mes oeufs dans mon propre nid, non pas instinct de conservation (dans ceux de Chou ou de Réversible, ils me semblent fort bien traités), mais maintenant que j'ai un chez moi, j'en profite.

Donc voici ma vision de la blog party, qui n'engage que moi bien sûr...

Lisez donc les autres protagonistes de ce happening complètement déjanté (quoi, c'est un peu forcer le trait ?) sur les blogs de Chou, Réversible, Alice, Blanche.

Macaron, on va l'oublier, à cet instant il doit errer dans les rues de Paris dans un état que je n'ose imaginer à la recherche de la Porte de Vanves. Eh oui, ami, Arzon s'arpente avec moins de difficultés que les trottoirs de Paris, et y a moins de rades avec des néons qui clignotent et qui attirent le néo-breton assoiffé...

« Je vous trouve, Chou, encore passablement loin du compte !

Ma version de la soirée (avons-nous vécu la même ?) corrobore par endroit la votre, mais en diffère parfois. Il faut dire à la populace avide de détails croustillants qu’avinée, vous le fûtes, au point que souvent Macaron dut user de sa force herculéenne, dopée aux embruns iodés et aux gaz hilarants issus de fientes de goéland en décomposition, pour vous maintenir dans une position décente face à cet aréopage buvant vos paroles et vos mots d’esprit (pendant que vous-même buviez des breuvages plus charnels, au sens qu’ils avaient du corps et de la cuisse). D’ailleurs, à ce propos, je soupçonne Léna, en blonde féline désirant garder son hidalgo iodé pour elle seule, d’avoir commandé un breuvage spécial pour vous faire perdre rapidement tous vos moyens.

Donc je m’avançais métropolitainement vers le lieu de rendez-vous, lorsqu’ayant trouvé une charmante poitevine errant sur le quai à Daumesnil, je l’ai prise sous mon aile pour l’entraîner derechef dans cette aventure, car cela en fut une.

Délaissant Raspail pour obliquer sur notre droite (eh oui, Chou, avons-nous les mêmes valeurs ? Vous le cimetière du Montparnasse – oui, Gainsbourg y réside, mais cela ne fait pas tout -, nous la fondation Cartier), nous atteignîmes avec 3 minutes de retard notre rendez-vous, pour y découvrir une Chou anxieuse, triturant son carnet de rendez-vous en relisant mille fois l’adresse qu’elle avait laissé sur son blog, scrutant l’affiche vantant les mérites du restaurant pour vérifier encore qu’il s’agissait bien de Chez Papa, le roi du confit qu’elle espérait ne pas voir régner sur sa propre déconfiture. Et pour se donner une contenance, Chou accompagnait dans les premières agapes Alice et Dent de Lait. Bon, là je n’irai pas plus loin dans la délation, bien que personne ne puisse polluer mon blog par d’infâmes insanités vengeresses, puisque je n’en ai point, malgré un forcing éhonté de mes camarades de beuverie de me faire signer un contrat qu’ils n’ont pu, vu leur état, rédiger.

Donc Chou en fit choir son carnet de bal dès l’instant où nous apparûmes, Blanche de Poitiers et moi-même. L’air soudain guilleret et le regard pétillant, soulagée d’être enfin au bon endroit, elle s’abandonna dans nos bras pour nous remercier de notre présence, suivie par Alice et Dent de Lait, que je gratifiai d’une poignée de main virile, car quoiqu’en disent Blanche et Chou, le Philémon est un homme, un vrai !

Nous devisâmes et papotâmes gaillardement, jusqu’à l’arrivée, nimbés d’une lumière céleste, de Macaron et Léna, tels Merlin et la fée Viviane, qui eurent du mal, nous ont-il dit, après avoir visité tous les rades de Montparnasse à Denfert, à trouver le lieu de notre sauterie.

La soirée commençait bien. Elle se continua sur la terrasse, mais la chaleur humaine dégagée par l’ensemble des participants fit que personne n’eut froid. Il faut savoir, cher ami lecteur, que le bloggeur est par nature un fumeur invétéré, surtout quand c’est une femme, et que si nous avions opté pour la chaleur de la salle commune, la conversation eut été irrémédiablement hachée par les allées et venues incessantes de nos amis sur le trottoir parisien pour fumer sa clope.

Et sachez que nous aurions eu très peur, vu sa tenue, pour notre Chou, si elle avait arpenté clope au bec le trottoir de la Rue Froidevaux.

Nos convives firent assaut de bons mots et de réparties cinglantes, certain absent (breton de surcroît) eut droit à des commentaires qui durent lui faire siffler les oreilles (c’est comme ça qu’il faut dire, Mac ?).

Arriva le moment tant attendu de se sustenter, car tout virtuel soit-il, le bloggeur mange, surtout quand c’est une bloggeuse. Et la bloggeuse qui mange ne lésine ni sur la qualité, ni sur la quantité. Il faut dire qu’elles l’ont voulu, la parité, alors maintenant elles assument. Et pour lever le coude, elles ne sont pas les dernières. Ce qui nous valut quelques scènes osées : plus le coude se levait, plus l’épaule de ces dames se dénudait, ce qui eut l’heur de mettre notre mitrailleur de goélands dans un état de transe qui faillit l’emmener direct de l’autre côté du mur. Je te rappelle, lecteur, à ce stade de mon récit, que notre terrasse jouxtait le cimetière du Montparnasse.

A mesure de l’avancée de la nuit, la conversation se fit naturellement plus épicée, la Chou et le Mac ayant sans doute été abusés par les effluves des piments d’Espelette qui garnissaient la vitrine de chez Papa. Devant une telle libération de la parole, quelques convives choisirent de s’effacer, certains ne devant pas avoir la permission de minuit. Ce fut la Fée Viviane qui rejoignit la première sa grotte, non sans avoir baveusement donné un bon de sortie à Merlin qui en fut enchanté. Nous autres attendons d’ailleurs qu’elle nous rende la pareille, c’est pourquoi il va nous falloir programmer très prochainement une revoyure pour le bisou, après tout, nous le méritons, car nous le Froidevalons bien (pourquoi conjugué comme ça, c’est moins drôle, Chou ?).

Toujours est-il que certains restèrent, que le froid tombant, nous nous sommes tous agglutinés les uns aux autres, à nous chuchoter des dernières vérités avant la fin du monde, en tout cas la fin de la nuit. Et après un dernier pèlerinage aux abords de Montparnasse, nous nous séparâmes non sans quelques effusions bien méritées, je trouve, tellement notre hôtesse fut adorable et définitivement délicieuse, notre Tintin baroudeur courtois et disert (il n’a même pas mis la main aux fesses de nos bloggeuses, c’est dire !), nos passionaria à la fois prosélytes et décidées, notre picto-charentaise affable et bien élevée (elle n’a même pas sauté sur Macaron, c’est pour dire !), notre ami Dent de Lait discret mais attentif, et notre Fée Viviane dont les effluves enchanteresses hantent encore la terrasse de chez Papa.

Mais pourtant, il fallut bien retraverser le périf, la fête était terminée. Chou remballa les mirlitons, les chapeaux pointus et les lampions, Macaron entonna au garde-à-vous l’Internationale, Juliette essuya une larme en pensant à tous les sans-culottes qui avaient perdu leur vie boulevard du Montparnasse pour que bien des années plus tard la fête puisse se réaliser, et je remontai le col de ma veste avant de m’engouffrer dans la première rame de métro.

Je ne te cache pas, cher lecteur, que la nuit fut agitée, me remémorant les envolées lyriques de nos amis, les saillies (verbales, je précise, je ne rentrerai pas dans l’intimité de chacun, euh, je m’égare, là) toutes plus fines les unes que les autres, les joutes verbales puissantes et répétées.

Bref, un bloggeur parle souvent comme il écrit, et il raisonne de même, et parfois, ses propos résonnent dans l’univers virtuel. Tu auras donc in memoria, ami lecteur, une idée de la fête.

J’espère qu’à la lecture de nos commentaires respectifs, tu sauras, lecteur attentif, te faire une raison et regretter amèrement de ne point avoir été présent. La prochaine fois, abandonne tes vieux parents ou tes jeunes enfants sur la première aire d’autoroute ou sur le quai de la gare, et viens vite nous rejoindre. En si agréable compagnie, l’air de Paris est d’un coup plus vif et plus respirable ».

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Commenter cet article
A
Tu as bien raison de t'être lancé dans l'aventure du blog car tu écris très bien!<br /> Et il faut en profiter quand on a le temps!<br /> Allez,je vais peut-être t'inclure très rapidement dans ma liste de lien blogpotes.<br /> Je t'adresse mon meilleur souvenir.
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P
<br /> Je te remercie pour tes compliments, Alice. Oui du temps, j'en ai un peu en ce moment, et je tâcherai d'en garder toujours pour vous tous lorsqu'il me sera un peu plus compté.<br /> Bienvenue donc ici, et à bientôt.<br /> <br /> <br />
M
Chou et toi avez vraiment mis la barre très haute dans la narration de cette soirée ! Il va vraiment falloir que je fasse preuve d'une mauvaise foi gigantesque pour vous égaler ! Mais, promis, je vais m'y atteler. A la lecture de ce que tu écris, je persiste à dire que c'eut été une mémorable erreur que tu ne cèdes pas à nos injontions d'ouvrir ce blog !
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P
<br /> Je n'oserais dire que nous avons mis la barre à notre niveau, mon cher Mac ! Sur ce plan, la nature nous a gâté, Chou et moi, profitons-en. En ce qui concerne la mauvaise foi, je n'en relève<br /> aucune ni dans les billets de Chou, ni dans les miens. Par contre, je ne crains pas la tienne, osreais-je dire que je l'attend comme un bonbon acidulé à l'entracte d'une séance de cinéma ?<br /> Merci pour tes encouragements et ton attention particulière, le propre des gens de coeur. Bienvenue, Macaron, et sois ici chez toi. Kenavo, ami.<br /> <br /> <br />
A
Et toi je dirais discret mais observateur puisque tu as pu discerner mon attention...^^ Cela dit, j'ai remarqué la tienne aussi...^^
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P
<br /> C'est sans doute la marque de fabrique des consultants : observer et savoir en retirer l'essentiel. Bienvenue che moi, Art, et bonne chance dans tes recherches.<br /> <br /> <br />