Du haut du plongeoir
Il faut parfois un événement extérieur pour faire le grand saut dans l'inconnu... Je vais avoir du temps désormais pour mettre dans ce vieux sac à malice les petites ou grandes choses qui font ou ont fait ce que je suis.
Je pense sincèrement que l'exercice est difficile, je vous admire de tenir vos journaux intimes avec une telle constance et une telle persévérance. Et pour ce premier billet, je m'aperçois qu'il est tellement plus aisé de réagir à vos billets que d'écrire soi-même. Car sur quoi écrire ? Sur moi, sur ma vie, mes coups de gueule ou mes belles, tendres et profondes histoires d'amour ou d'amitié ?
Sur la vie, tout simplement, la mienne et la votre, et les bonheurs de vivre. Alors je me lance, mais comme le chante Batlik :
" j'ai peur
c'est toujours le même cauchemar
celui du haut du plongeoir
lorsque je me fais dessus
et que tout le monde se marre "
Alors, pour démarrer sur une belle et grande note, je vous donne à écouter.
Naissance de la poésie - Batlik
"je crois que tout s'écroule
je crois que rien ne roule
je crois que rien ne change
c'est ma vie qui me dérange
j'ai peur
c'est toujours le même cauchemar
celui du haut du plongeoir
lorsque je me fais dessus
et que tout le monde se marre
mais je veux que tout se passe bien
je veux que tout aille mieux
que veux que tout s'enchaîne
vers le haut comme c'est beau
je jure de les repérer
je jure de les respecter
les petits instants de bonheur
qui passent et puis qui meurent
donne moi de quoi imaginer
donne moi une vision décalée
donne moi une image
qui me fasse réfléchir
donne moi une page
qui me fasse donne moi de quoi réagir
oser penser à des choses
auxquelles je n'aurais jamais pensé
ma routine me tue
je vis dans le déjà vu
le déjà entendu
j'ai déjà tout vu
mais je suis pas compliqué
jamais blasé
vas y s'il te plait
fait moi chialer
il est bientôt 5 heures
je regarde un instant
dans la cour intérieure
rien ne bouge
ce n'est pas encore l'heure
mais c'est pour bientôt
je le sais en bon chasseur
je descends dans la rue
tope un paru-vendu
remonte mon manteau
c'est pas qu'il fait pas beau
mais l'air est frais et
je suis aux aguets
c'est pour bientôt
maintenant ça y est
les rues se remplissent
petit à petit
chacun prend son service
au saut du lit
j'assiste au réveil
du quartier où je vis
j'assiste à la naissance
de la poésie
sûr que ce matin
je rentrerai pas bredouille
un couplet un refrain
et au revoir la trouille
je descends du plongeoir
bois l'eau de la piscine
et arrose tous ces crevards
du bout de ma pine"
Pour ceux qui veulent connaître ce chanteur autoproduit, rendez-vous à Vitry le 30 octobre prochain, à Gare au Théatre.
Allez,, longue vie à vous et prenez soin de vous.