Comment te dire...

J'en ai encore des étoiles dans les yeux, des mélodies dans les oreilles et des papillons dans le coeur.
D'abord cette salle, le Café de la Danse, que je connais et que j'aime tant. Collés-serrés tellement il y avait du monde. Ensuite un petit set pour patienter, offert par la pianiste et le violoncelliste, et pour chauffer un peu la salle. Quand je dis chauffer, c'est façon de parler, car quand Anna est montée sur scène, ce fut le grand chavirement. Une salle entière acquise et soumise.
Une balance parfaite, chaque instrument, même lors des crescendi ou des forte ressortait parfaitement, comme ciselé.
Trois femmes, la pianiste xylo synthé et trompette bouchée, la choriste et Anna Ternheim à la guitare, arpégeant joliment ses mélodies.
Trois hommes, le batteur, qui m'a fait retrouvre le rythme, le phrasé et le toucher du batteur de Pink Floyd, un vieux souvenir du Palais des Sports de Berlin. Un soutien rythmique parfait. Le bassiste contrabassiste, flegmatique à souhait, avec des traits mélodiques d'une grande pureté. Et enfin le celliste, qui jouait parfois aussi de la scie musicale, un jeu très percussif, un magnifique phrasé.
Vous rajoutez un public qui soutient tout le concert, une lumière rouge qui faisait ressortir la blondeur de la miss, des musiciens parfaitement en place, un enthousiasme et un don de soi entraînant, et un respect et une connivence totale entre Anna et son groupe.
Deux rappels, dont une chanson totalement acoustique dans une salle recueillie, en duo vocal avec sa pianiste et seule avec sa guitare, sans micros et sans ampli, sur le devant de la scène, une douce ballade. Un instant de pure grâce.
Voilà, j'en ai pleuré d'émotion plus d'une fois. Faudra vraiment que je sèche mes larmes, une grande bestiole comme moi, ça le fait pas...
Alors, comment te dire...
Je crois que j'ai vécu un des concerts les plus intenses et les plus riches émotionnellement de ma déjà longue pratique. Et la miss, j'en suis bien sûr irrémédiablement amoureux. Heureusement que j'ai le coeur gros, parce que ça commence à faire du monde ;-)
Anna Ternheim elle s'appelle, elle est suédoise, et c'est une très grande dame, vraiment. Très très grande, et je pèse mes mots.