La viole d'amour
Une femme entre un jour dans mon atelier, avec deux étuis d'instruments à la main. Son mari était un professeur d'alto, il était décédé quelques années auparavant, et cette femme souhaitait vendre ses instruments.
J'ouvre le premier étui. Un vieil alto, assez petit, environ 39,5 cm, très abîmé, de facture allemande.
J'ouvre le deuxième étui, et je tombe sur une très belle copie début de siècle d'une viole d'amour que vous voyez ci-contre.
Instrument d'origine relativement ancienne, XVIIème siècle, la viole d'amour se distingue des autres violes de bras ou de gambe par la pr"sence de cordes sympathiques, passant sous la touche et au pied du chevalet, cordes qui vibrent par sympathie lorsque la corde principale est frottée par l'rchet et que les fréquences s'accordent.
Le son de la viole d'amour est donc un peu aigrelet, mais très riche harmoniquement. Elle tiendrait son nom des maures, viole des maures, qui se serait transformé en amour...
J'ai acheté les deux instruments, j'ai toujours gardé la viole d'amour, qui trône dans mon séjour, à côté du violoncelle.
J'ai trouvé par hasard une pièce de Biber pour viole d'amour. VOus pourrez vous rendre compte de la richesse harmonique de cet instrument.