Les mains araignées
J'avais reçu ce soir-là la visite d'une femme dans mon atelier, qui m'a parlé d'une harpe de famille. J'étais luthier classique, violon, alto, cello, et contrebasse, un instrument qui convient à ma taille de grande bestiole. J'étais le seul à les réparer, en particulier celles du tout jeune Orchestre Philharmonique, qui cassaient souvent dans les déplacements.
Alors quand cette femme m'a parlé de cette harpe à réparer, j'ai hésité. J'avais pourtant déjà travaillé sur un tympanon, instrument roumain à cordes frappées, et j'avais également aidé un ami faxcteur de piano à recheviller plusieurs pianos. Mais de harpe, point.
Et j'ai découvert un instrument fascinant d'équilibre et d'ingéniosité, toute une mécanique de précision avec les pédales.
Et un monde surprenant dans cet hôtel particulier de Montpellier, magnifique batiment du XVIIème siècle, très richement meublé.
Mais plus fascinant encore, c'est le jeu de la harpe, les mains d'araignées qui effleurent les cordes.
Et lorsque c'est la superbe Cécile Corbel qui joue, alors là, je me tais.