Mes saintes
Je préfère la Toussaint à la fête des morts. Je ne fête jamais mes morts, en tout cas je n’ai pas besoin d’une journée précise pour le faire. Et je ne suis pas triste d’avoir vu partir des êtres chers. Et je n’ai pas besoin des preuves tangibles de leur passage parmi nous pour me souvenir que la vie à leur côté était belle, et qu’elles rendaient belle la vie.
Il ne se passe pas de jour où je ne pense à vous.
A toi, Martine, qui nous rassurait sur ton lit de douleur. « C’est maintenant que je suis clouée au lit que j’ai l’impression de me mettre en mouvement », disais-tu. Toi qui avait pourtant passé ta vie en mouvement, à aider les autres, à marcher, à chanter et diriger ton choeur.
A toi, aussi Anne-Lise, qui n’a jamais accepté l’idée de partir, qui a résisté trop longtemps, épuisée, mais combative, qui jusqu’au dernier moment aura tenu ta place dans ta paroisse, ta Maison du Protestantisme à Nîmes.
Je sais tout de vous, je n’ai rien de vous qu’une mémoire vive de tant d’années de vie commune, lorsque tu me soignais comme une mère, Martine, enfant chétif et si malade, et toi, Anne-Lise, compagne de jeu avec nos frères et sœurs… Je n’ai rien qu’un cœur gros, car vous y êtes entières, comme on dit du cœur des parents qui grossit pour y accueillir chacun de ses enfants.
Non, je ne suis pas triste, car vos départs ont été pour moi et restent une merveilleuse leçon de vie.
Alors en ces jours de Toussaint et de fête des morts, je voudrais vous rappeler, à la suite d’Alice, le combat de l’ADMD, l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité, car si notre vie nous échappe, faisons en sorte de réussir notre mort.
Je vous aime, mes sœurs. Que la paix soit en vous.