Soyons (si peu) conventionnels

Publié le par Philémon

Aujourd'hui journée de la femme. J'aurais pu te trouver des milliers de vidéos pour fêter ce jour avec toi...

Mais en fouillant dans ma mémoire, et en recherchant sur mon disque dur, il m'a semblé évident que c'était elle qui pouvait faire passer le message. Femme universelle... Elle nous manque cruellement, je trouve. P*tain de maladie...

Et dans le lot, va, j'y mets mes deux soeurs. Je vous aime.

 

 

 

Et allez, pour faire bonne mesure, la chronique d'audrey Pulvar ce matin sur Inter. Prend deux minutes pour la lire, c'est savoureux.

 

"Bien difficile d’échapper à cette tarte à la crème du féminisme, tarte tout court, voire tartufferie, c’est la Journée internationale de la Femme.

La femme, en France, souvent considérée comme faisant partie des minorités -vous savez, ces gens en position inférieure, que les bonnes âmes aident à s’élever- et peu importe qu’elles représentent plus de 50% de la population de notre pays...

Donc, en ce 8 mars, on parle des femmes : de leurs difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle, des inégalités salariales, de plafond de verre, de la précarité dans laquelle se trouvent la plupart des mères célibataires, des freins mis à l’avortement pour toutes à l’accès à la contraception pour les plus jeunes, dans un pays où on s’est tellement battu pour qu’une femme soit la seule propriétaire de son corps et qu’elle en fasse ce que bon lui semble.

On parle des violences faites aux femmes ; une femme tuée tous les deux jours et demi en France, par son compagnon ou son ex-compagnon. Les chefs d’entreprises prennent de bonnes résolutions, le Premier Ministre, en général, déjeune avec toutes les femmes du gouvernement – cette année ça va être vite fait, le tour de table a encore rétrécit dernièrement-, une femme monte au perchoir de l’Assemblée Nationale et les partis jurent la main sur le cœur qu’on ne les y reprendra plus à nous mettre en position inéligible.

C’est donc la Journée de la Femme, et comme son nom l’indique, ça ne dure qu’une journée… donc demain, on peut de nouveau battre sa femme, pratiquer la discrimination envers ses collaboratrices, faire descendre les femmes politiques des estrades. Bon en même temps, faites ce que je dis, pas ce que je fais…

J’ai l’air de critiquer, mais je participe aussi, en ce 8 mars, à des émissions ou à des débats, au nom du principe de visibilité. Entendez : toute occasion est bonne à prendre, pour parler de ces questions.

J’ai donc re-regardé hier, pour vous en parler ce matin, le film « Encore Elles ! », au pluriel, et avec un point d’exclamation un tantinet excédé, film signé de Constance Ryder et Josiane Szymanski. Double regard, dans le rétro, sur les luttes pour l’égalité des femmes depuis 40 ans et devant soi, avec des interviews des nouvelles féministes. Et en suivant ce long chemin, pas seulement ponctué de joyeux happenings mais aussi de très douloureuses luttes, que constate-t-on ? Que les combats n’ont pas beaucoup changé. Certes, on n’en est plus à emprisonner des femmes qui se font avorter, où des médecins pratiquant cet avortement, mais l’invitée de Pascale Clark en parlait tout à l’heure, l’accès à l’IVG ne va pas forcément de soi, aujourd’hui.

On sourit, mais on ne rit pas, en entendant les adjectifs dont sont encore affublées les féministes. En 2011, comme en 1970, féministe = pour beaucoup mal-baisées (la faute à qui, camarade ?), hystériques, poilues, frustrées, casses-couilles j’en passe et des meilleures. Sans compter que pour autant s’intéresser aux femmes, à tous ces « trucs de gonzesses », on est forcément lesbienne, ce qui bien sûr n’est pas une insulte…

J’exagère ? Non.

Allez pour tenir la journée, encore deux-trois images : hier on se battait pour porter une mini-jupe et parler de clitoris dans les journaux, aujourd’hui contre le niqab et pour éviter à des prostituées mineures de faire bunga bunga avec le monsieur.

Hier comme aujourd'hui, les féministes rêvaient et rêvent d’un monde plus égalitaire, pas seulement entre hommes et femmes, mais entre citoyens d’une même nation. Elles se battaient pour un nouveau modèle de société, contre l’exploitation des classes ouvrières, la précarité, la recherche du profit maximal d’une élite au détriment du plus grand nombre.

Comme quoi, on peut être féministe et ne pas penser qu’à son vagin."

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Aurore 09/03/2011 23:55


Oui ça bosse pas mal, bcp bcp de choses en mars, mais avec le retour des beaux jours qqles photos quand même car c'est un plaisir, alors à bientôt !


Philémon 10/03/2011 21:27



J'ai vu les photos, toujours de très beaux N&B. Va d=falloir que je m'y mettes...


Aux beaux jours, une bière en terrasse ?



anne 08/03/2011 19:43


merci pour "elles"


Philémon 08/03/2011 22:09



C'est avec plaisir :D



Chriss 08/03/2011 19:00


Ben tu fais fort toi : une belle chanteuse et une belle journaliste !
Dis donc ça tire à vue par ici...! lol


Philémon 08/03/2011 22:09



Ben oui, les deux d'un coup.



June Prune 08/03/2011 15:15


belle chanson, beau texte. Bonne matinée, encore grâce à Audrey Pulvar. Et le reste de la journée s'annonce plutôt pas mal, grâce à votre article !


Philémon 08/03/2011 16:05



Oui, très belle personne que Lhasa...


Merci



Aurore 08/03/2011 15:02


Et oui une femmme, ça pense - aussi (merci Audrey, entre autres... :)


Philémon 08/03/2011 16:04



Heureusement que ça pense ! Et ça travaille aussi pas mal, si j'en juge par ton ebsence de la blogosf' ;o)


A bientôt de se retrouver en vrai, j'espère...