Faire ou pas du catastrophisme ?

Publié le par Philémon

De loin en loin, prendre des nouvelles du mauvais karma japonais actuel.

Mais rien ne filtre. Réacteur 1, réacteur 3, une nouvelle centrale en détresse ? Le coeur a fondu ou pas ? Juste la soupape qui a emporté le toit de la structure ?

Et revivre les débats enflammés de Tchernobyl, quand le nuage s'était arrêté sur la ligne bleue des Vosges.

Pour le reste, des images impressionnantes, mais trop de catastrophisme tue au final le catastrophisme... A force, on regarde d'un oeil distrait, comme un film avec moults effets spéciaux...

Parce que les vraies questions qui se posent, c'est comment faire en sorte que la (les) prochaine(s) fois, le risque encouru soit moins grave.

Faire en sorte qu'on arrête de construire sur les côtes, trop exposées, comme pour Xynthia.

Faire en sorte qu'on arrête le tout nucléaire, trop dangereux pour les populations...

Faire en sorte que chacun prenne conscience que la meilleure indépendance énergétique est de moins consommer...

Gouverner, c'est prévoir, disait Emile de Girardin. J'ai l'impression qu'en l'occurence, comme pour Haîti, ou d'autres catastrophes, on ne sait pas prévoir, ou en tout avoir l'humilité de dire qu'on ne sait pas prévoir.

Je me souviens de mes années facs, militant écologiste, où deux faits m'avaient interrogé.

La première, une conférence de Louis Leprince-Ringuet dans un amphi de la fac à Montpellier, lorsqu'il était prévu de construire une centrale sur l'étang de Thau, pour profiter des eaux de la mer intérieure pour refroidir la centrale. A la question de savoir l'impact écologique si les eaux de rejet réchauffaient les eaux de l'étang de 3 ou 4°, LLR répliqua ironiquement qu'on essaierait d'acclimater des poissons exotiques ! LLR était à l'époque déjà membre de l'Académie des Sciences et du Collège de France.

Et deuxième interrogation, lorsque sortit dans la presse spécialisée que les risques d'impact d'un avion percutant sur une centrale n'avaient pas été envisagés. On était 30 ans avant le 11 septembre...

La seule nouvelle exotique du week-end est que le Japon s'est rapproché de 2,4 m de la Chine !

De quoi favoriser le rapprochement entre les peuples, non ?

Publié dans Parlons de l'essentiel

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Blanche 14/03/2011 07:11


En lisant ton texte, je pensais aussi à mon implication dans l'antinucléaire quand j'étais jeune.
Mais quant à construire loin des côtes, quand on voit la configuration du Japon, c'est tout simplement impossible. Le Japon est une île volcanique, les seuls endroits constructibles sont les
plaines côtières ;-)


Philémon 17/03/2011 14:50



Je sais qu'il n'est pas toujours facile de construire loin des côtes, mais je ne comprends pas dans ce cas qu'on ne prenne pas toutes les précautions.


En plus, apparemment, il s'avère que la gestion et l'exploitation des centrales par Tepco était déplorable...