Faudra qu'on m'explique...

Publié le par Philémon

Pourquoi, quand y a trois voies sur l'autoroute, y a toujours des blaireaux qui roulent au milieu alors que la voie de droite est libre...
D'ailleurs, ce sont souvent les même blaireaux qui affichent ostensiblement le gilet jaune accroché au revers du siège, et pour faire bonne figure, généralement ce sont aussi ceux qui sortent satisfait des pissotières en ayant montré leur masculinité en déposant leur offrande en plein milieu de la flaque d'eau, pour que tout le monde entende bien.
Quand en plus ils ont des chiens, ben ce sont eux aussi qui laissent leurs étrons au beau milieu de la pelouse, juste là où y a de l'ombre, obligeant les deux jolies fillettes en robe d'été à s'asseoir au soleil pour manger leur pique-nique.

Pourquoi, au péage, quand tu te félicites d'être engagé sur une file qui avance, y a toujours un blaireau qui plante la machine avec son ticket ou sa carte bleue, occasionnant un psychodrame qui pourrait virer au drame, lorsque la voiture juste derrière, d'un geste d'humeur, enclenche la marche arrière pour se dégager. Parce qu'il est bien connu que le blaireau est impatient, et attendre 5 minutes un dimanche soir au péage est au-dessus de ses forces.

Pourquoi, quand tu doubles avec ta petite voiture, y a toujours un blaireau qui pense que comme ta voiture date de la fin des eighties, ben c'est juste une voiture à pédales, et qu'il te fait des appels de phare pour que tu dégages, et quand tu accélères, il met 5 minutes à te doubler, parce qu'il a beau avoir une voiture qui date du nouveau siècle, ben elle roule pas mieux que la tienne, tiens...

Sinon, je veux pas dire, mais la classe S de chez Mercedes, ben elle est trop classe comme tire. Bon, d'accord, ça douille à l'achat, mais quand tu vois le type qui en sort, pas froissé, pas cassé, alors que toi, tu as l'impression d'avoir fait le voyage dans une lessiveuse...
Pis pas rougeaud, le mec, avec la clim, les sièges en cuir, pas fatigué car l'asservissement règne en maître, quand il est trop près de la voiture de devant, ça bipe, quand il dévie de sa trajectoire, ça bipe, quand il commence à pleuvoir, ça bipe, bref, tu roules dans un grand bip ;0)

Et c'est la crise, je confirme. En 5 heures de route, j'ai juste croisé un seul anglais, un suisse, et encore, de Genève, deux allemand et un néerlandais. Si même les étrangers boudent la France, c'est bien la crise, non ?

Enfin, 5 heures pour rentrer du bout de la terre vers la capitale, ça le fait.
Sinon, tu verrais, là-bas, c'est un autre monde. Tiens, les voiturettes, cet hybride entre une totomobile et une mobylette, que chez nous, dans les villes civilisées, ça sert d'ersatz aux blaireaux friqués qui se sont fait taxer leur permis à force de faire le mariolle au volant de leur BM, leur Audi ou leur Merco coupé, ben chez nous, dans l'Argoat profond, y a rien que des mamies permanentées qui roulent avec, pour aller chez la coiffeuse se faire la teinture bleue qui va bien. Autre temps, autres moeurs...

Et comment te dire, mais entre Laval et le péage de Saint-Arnoult, être accompagné par Anna Ternheim et sa voix feutrée, c'est le vrai grand bonheur. Bon, d'accord, ça remplace pas la passagère cultivée, intelligente, drôle, charmante, jolie, bref, en attendant, je te prie de croire qu'Anna Ternheim, elle te fait joliement oublier que tu es tout seul comme un benêt dans ta petite voiture des eighties. Non, je blague, elle date juste de 1991 ;0)

Sinon, puisque la mode est au teasing, enfin, à la tenue en haleine, dirons-nous en langue de chez nous, sache que dans la semaine, tu auras droit à une séquence décodage du Philémon, comment il vit, comment il se meut, comment il occupe ses journées sur son île perdue au fin fond de l'Argoat, où quand tu as compté 10 tracteurs à la journée, tu as tout vu passer...
Pis je te parlerai de mes nouvelles pensionnaires, des rois du marketing, de cette région merveilleuse et des découvertes enchanteresses qu'on y fait, le tout agrémenté de quelques photos qui vont te laisser pantois.
Pis aussi, parce que le mois s'y prête, une séquence nostalgie, en mémoire de mes deux soeurs toutes les deux nées au mois d'août...

Et ce matin, mon oncle est mort. A 87 ans, d'une attaque cérébrale foudroyante. Ce n'est pas que je sois effondré par cette nouvelle, c'est dans l'ordre des choses. C'était un homme charmant, attachant, total foutraque, comme ils disent à la radio, agrégé de grammaire à 22 ans.
Non, c'est seulement que son frère, mon père donc, est son aîné de deux ans. Et que je me dis que ça peut arriver du jour au lendemain, comme ça, sans prévenir... Faut que je me fasse à cette idée, c'est tout.

Sinon, je vais bien, j'ai un bronzage agricole comme dirait Blanche, je suis rentré de vacances, c'est tout. D'un autre côté, juste une semaine de vacances, t'as pas franchement le temps de t'y habituer. Surtout quand tu bosses comme un nègre dans ta maison et ton jardin.

Mais ça, tu le sauras en lisant les prochains épisodes !
Punaise, qu'est ce que je sais tenir en haleine, moi !

Publié dans Parlons de rien

Commenter cet article

pierrot 13/08/2009 05:16

j'ai triché j'ai vu les articles suivants...alors pour l'haleine...

Philémon 13/08/2009 09:04


T'as quand même noté le crescendo, non ?


amelie 11/08/2009 15:54

tout d'abord mes condoléances pour votre oncle...

sinon le reste du billet a bien fait rire la baleine qui baleinise dans son sofa !! sachez que ls connards qui me font des appels de phare pour que je me dégage alors que je suis déjà largement au dessus des limiations de vitesse, je leur répond en ralentissant et en prenant mon temps ! quand enfin ils me doublent énervés, je les regarde avec un large sourire niais de blonde qui énerve bien!!!

Philémon 11/08/2009 19:01


J'adore le large sourire niais de blonde qui énerve bien ! Vous ne me l'avez jamais fait encore, celui-là. JE demande à voir, tiens !


autobiographie 10/08/2009 21:39

Ma parole, tu connais mon ex avec sa BM, sa classe, son Kilimajaro qu'il a "fait" à 70 ans (la voie la moins diff. c'est vrai).
T'en sais des choses, celles qui se passent à chaque fois qu'on sort de chez moi.
Et comme c'est bien raconté, j'ai (rigolé: ça rime mais c'est pas classe), je me suis bien amusée.
Gigri

Philémon 10/08/2009 23:06


Les mêmes coups de gueule ?


C. 10/08/2009 18:31

Votre trajet en voiture m'évoque un film.J'aime l'image poétique et pourtant contrariée des fillettes en robe d'été et de la teinture bleue sur les cheveux blancs.
Des pensées douces pour vous en ce mois d'août...

Philémon 10/08/2009 23:13


Pour moi, rouler sur autoroute a toujours été sujet à rêveries. Et comme j'aime observer les gens... Merci pour vos pensées ;0)


Emmanuelle 10/08/2009 09:25

aaah j'aime bien ce billet. Genre "gentil râlou". Bah oui, Philou, c'est comme ça, la vie. Les blaireaux, tu crois qu'ils te suivent alors qu'ils sont juste... partout... et puis la vie qui vient et surtout qui repart, c'est triste, et on a beau se dire qu'il faut s'y faire, ce n'est pas simple... on prend les choses comme elles viennent, et s'habituer à ça n'est pas forcément nécessaire ni possible. On vit avec et on continue, parce qu'on n'a pas le choix.
Bien à toi, grande bestiole pliée en 10 dans ta ptite voiture de citadin où tout doit être petit et rentrer dans des espaces petits...

Philémon 10/08/2009 16:50


C'est sûr que dans les grands espaces de l'Argoat, pas besoin d'être plié, juste parfois courbé sous les rafales de vent...
La vie qui va, je connais, j'y suis préparé, et jamais nostalgique d'hier. Comme tu dis, prendre les choses comme elles viennent.
Content de te retrouver ici. Bises.