Un petit gamin heureux un peu m'as-tu vu

Publié le par Philémon

Au lendemain de l'anniversaire de Sarkozy, et en ce jour de grève générale (qui ne se voit pas !), voici un extrait du livre - entretien de Ségolène Royal avec Françoise Degois, journaliste à France Inter, "Femme debout", chez Denoël. Ca se passe de commentaires ;-)
Les extraits de ce livre ont été publié par LePost.fr.


"Dans tout combat politique, comme dans le sport, il y a forcément le respect de l’adversaire. J’espère que [Nicolas Sarkozy] me respecte, plus en tout cas que ses sbires. Moi, je respecte l’adversaire même si je dois le combattre au sang. Je dirais d’abord, sur le point le plus positif, c’est qu’il a une énergie incroyable. Qu’il bouge et veut faire bouger. Il est iconoclaste, c’est évident. Mais je crois que ce qui me gêne le plus chez lui, c’est son manque de morale, son amoralité. J’ai l’impression vraiment qu’il illustre bien l’expression "sans foi ni loi". (…) Il ne cache pas son avidité, sa boulimie d’argent, de sensualité, de plaisir. Il y a une forme de cynisme poussé à l’excès, comme de la provoc permanente, celle d’un adolescent qui voudrait épater la terre entière. Sauf qu’il est chef de l’État. Il est l’enfant du SAC de Pasqua, il est l’héritier de Ponia. Et il est un vrai idéologue. Ultra-libéral. Et il s’en vante presque. Sa grande habileté a été de conjuguer cette forme d’amoralité et l’ouverture politique. C’est une stratégie de conquête assez classique mais très efficace. (…) On flatte et on intervient là où ça fait mal. Besson est un exemple parfait, idéal, de la bonne prise de guerre au bon moment. Du jamais-vu dans une campagne présidentielle. Et puis on espionne les équipes d’en face, on fait du renseignement, grâce à ses anciennes fonctions ministérielles. (…) On travaille aussi les rédactions de l’intérieur, on a ses espions petits ou grands, on est au cœur des chaînes de télé, au cœur de la machine, on promet, on contraint, on menace. On intervient sur les points faibles. Procès en incompétence. On tape là où ça fait mal, très mal. Le privé. On prend les gens droit dans les yeux, "tu mérites tellement mieux que ce qu’elle va t’offrir". Kouchner, DSK, tous ces gens ont été contactés pendant la campagne, entre les deux tours. Tous. Et certains avant le premier tour. Il leur disait : j’ai des sondages secrets, c’est foutu pour elle. (…)

Il a aussi le talent du mensonge. Il s’est bien entouré, notamment d’Henri Guaino, sombre et lyrique. Et tous les deux se sont mis à nous raconter une histoire totalement hurluberlue. Le pauvre petit-fils d’immigrés qui allait boire des menthes à l’eau avec son grand-père. Ils ont réussi, et ça, c’est le coup de génie, à nous faire croire qu’il avait changé. Ils sont très forts dans l’art du camouflage. Ils ont réussi à occulter les histoires d’argent, le train de vie, le tempérament. Dans une campagne à l’américaine, tout serait sorti, tous les manquements à la morale. (…) Sarkozy, en résumé, c’est un immense mensonge, c’est une imposture.


- (…) Vous voyez Nicolas Sarkozy comme un enfant ?

Non, mais parfois infantile, oui. En tout cas, avec un manque de tenue et de dimension personnelle évidente. Quand il m’a reçue à l’Élysée, peu après la défaite, pour parler de l’Europe, je l’ai trouvé assez médiocre dans le comportement. Il n’y avait pas de hauteur, d’allure, d’élan, de fair-play. Il aurait pu dire : "Félicitations, nous avons bien combattu, vous portez dix-sept millions de voix." Non, rien, il était là, les bras ballants, à m’offrir des chocolats, à essayer de me faire parler de ma séparation d’avec François Hollande, à dauber sur des journalistes, à exhiber sa montre et à me dire qu’il était là mais qu’il aurait pu être ailleurs "à faire du fric". Pas méchant mais pas l’allure. En fait, il est bien plus fade qu’on ne le croit. Sa force vitale est impressionnante mais c’est vraiment un m’as-tu-vu. Fade, c’est le mot que j’emploierais. Un petit gamin heureux d’être au milieu de ses nouveaux jouets, vous savez, le môme qui a gagné le pompon sur le manège. Avec sa petite étoile de shérif et son pistolet en plastique, son déguisement de cowboy. Il est monté sur le plus grand cheval et il a décroché le pompon. Bingo !"

Publié dans Parlons de rien

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MamanCélib 31/01/2009 09:41

Ca balance, oui, mais j'ai l'impression d'être dans la cour d'une école :-/

Philémon 31/01/2009 10:31


C'est également l'impression que ça me donne, Sarko fait très petit garçon qui ne veut jamais se contenter de ses propres jouets..


Lili 30/01/2009 08:55

l'analyse de Ségolène est juste mais quand même elle me fait peur aussi elle...quand on entend les énormités qu'elle balance en ce moment...elle est un peu névrosée...des vacances pour ségogo hein !

Philémon 30/01/2009 09:23


Ben elle prend des durables, des vacances ;-)


prise de chou 30/01/2009 05:57

Finalement elle n'est pas si con que ça, Ségolène... je trouve l'analyse très juste !

Philémon 30/01/2009 09:21


Et les autres analyses qu'elle développe dans ce livre sont tout aussi intéressantes.


Emmanuelle 29/01/2009 13:27

hébé, ça balance!! :)
Pour moi Sarko est l'exemple même du mec qui fait payer à toute une nation ses frustrations de petit gosse, et perso quand je vois ça, j'ai peur.
Ah tiens, sinon j'ai reçu le livre de Revzani, je le lirai quand j'aurai fini le dernier Auster.

Philémon 29/01/2009 13:53


Je suis entièrement d'accord avec lui. Et il ajoute le cynisme, ce qui est insupportable.
Je viens aussi de racheter le livre de Rezvani, pour l'avoir dans ma bibliothèque. Tu me diras ce que tu en penses.